L'année '68 est sans aucun doute l'une des saisons politiques la plus tumultueuse et fascinante du notre passé récent, soit pour la complexité du sujet soit pour le grand débat qu'on a entamé depuis. Commencé dans la moitié des années...
moreL'année '68 est sans aucun doute l'une des saisons politiques la plus tumultueuse et fascinante du notre passé récent, soit pour la complexité du sujet soit pour le grand débat qu'on a entamé depuis. Commencé dans la moitié des années soixante aux États-Unis de protestations contre la guerre au Vietnam, l'année '68 a été un vent contagieux, une tempête qui a frappé rapidement l'Europe occidentale et qui a eu son éclat pendant l'intense « mai français ». Il s'agit d'un mouvement qui a laissé des traces dont les souvenirs semblent être souvent brouillés par toute la confusion du mélange des évènements qui se sont passés des années plus tard. Pourtant, dès sa naissance rien a été comme auparavant. 50 ans après ce grand coup de théâtre de l'histoire, on continue à débattre sur ce que le mouvement a signifié et ce qu'il nous a laissé. Par ailleurs, on peut dire que cette vague de revendications a été une révolution sans aucun précédent. Mais est ce qu'elle a accompli sa mission ? Est-ce qu'elle l'a raté ? Bien sûr elle a changé le style de vie de plusieurs étudiants et travailleurs, elle a modifié le droit de famille en finissant par enraciner le féminisme avec son renouvellement de la figure féminine dans la société italienne et par introduire l'article 18 dans le statut des travailleurs. Qu'est-ce qu'en reste de tout ce bruit chaotique ? En Italie, le mouvement de protestation commença 2 ans avant celui qui avait frappé la France. En effet, en 1966 le journal des étudiants du lycée « Parini » à Milan, appelé « La Zanzara », publia une enquête sur la liberté sexuelle, mais quelques mois plus tard ses rédacteurs furent jugés par le tribunal romain. L'université de Trento a été la première à être occupée, suivie par l'université « Cattolica » à Milan et « Sapienza » à Rome. Une date historique celle qui a impliqué l'université romaine puisqu'elle aurait assumé la mission de représenter le grand changement des années soixante. Pourtant, la contestation ne s'arrêta pas ici. Elle arriva dans les usines, où on a fini pour mélanger revendications d'étudiants et des travailleurs, et dans les rues où les émeutes éclatèrent sans cesse. Dans ce contexte de soulèvement populaire une position tout à fait contraire s'imposa, celle présentée par l'écrivain Pier Paolo Pasolini qui, à dépit de ses idées politiques idéologiquement inclinées à gauche, soutenait la police et l'opéré des flics considérés les vrais prolétaires alors que les étudiants à la tête du mouvement étaient des gamins issus de familles bourgeoises et riches. C'était la raison pour laquelle ils n'avaient pas de vrais motivations de se battre. En revanche, ils étaient poussés par la fascination du mythe révolutionnaire tout court et par tout cela qu'en venait avec. Malgré les dizaines de critiques qu'on pourrait soulever contre ces années, une chose semble être certaine, celle que l'année '68 ait changé la société radicalement en mettant en discussion toutes les règles du jeu politique comme elles étaient auparavant. Cette année a bousculé la société italienne qui à l'époque vivait dans le joug idéologique de la démocratie chrétienne, et elle a donné, avec toute les polémiques légitimes du cas, un nouveau éclat vitale à l'Italie en jetant, en même temps, les bases de la crise qui aurait bouleversé totalement, des années après, la dichotomie Droite (D.C) gauche (P.C.I) du système politique et qui nous aurait amenés dans celle que plusieurs appellent « deuxième République ». La discussion philosophique qu'en vient est encore ouverte. Mariangela Rosato